Quelques pierres sur le chemin
Hormis mon côté rebelle au dictat éducatif, mes parents, mais surtout mon père, soutenait que l’on apprend en observant, puis, en faisant. J’étais petit lorsqu’un jour, joignant le geste à la parole, il m’invita sans me prévenir, me balançant d’un grand rocher plat qui s’avançait vers la mer jusqu’à deux métre cinquante de profondeur, à aller rejoindre la plage. L’instinct, la peur, et l’observation sans doute des chiens, firent naître chez moi, très vite, l’autodidacte.
Le trauma passé, il resta la fierté et la satisfaction d’avoir fait, sans savoir. Ce geste répété a sans doute provoqué chez mon frère et moi, l’initiative et une certaine ingéniosité que l’on pouvait encore observer chez nos parents jusqu’à ce qu’ils nous quittent. Mon frère en a gardé un côté plus direct et pragmatique, par-delà sa conviction : « tu veux savoir souder, disait-il, mais soude ! Tu as l’appareil, de la ferraille, vas-y, le geste va venir tout seul, les explication viendrons plus tard » Cela résume tout ce à quoi nous avons touché sans connaître. Pour ma part, je découvrais avec joie que j’étais un monsieur Jourdain en de nombreux domaines.
Pourtant, toutes les réalisations ne sont pas des défis, simplement du plaisir simple, un constat de savoir-faire que sûrement la génétique a mis entre nos mains.
Cette sculpture en bois, par exemple, que l’on peut imaginer d’un format plus honorable, n’est autre que l’èbauche d’une bague en fruitier de 25 mm de côté.

